Bompard exige des excuses et des réponses de Lecornu

Bompard exige des excuses et des réponses de Lecornu

Les Insoumis portent les revendications des manifestants à Matignon

Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, écrit jeudi 22 octobre à Sébastien Lecornu trois mots qui résument l’état d’esprit du mouvement à l’approche de Matignon : des excuses, des explications et des réponses. Le courrier, dont l’AFP a obtenu copie, est envoyé quelques heures seulement avant la réunion convoquée par le Premier ministre avec les partis politiques. Pour les Insoumis, cette rencontre ne peut pas se limiter à un exercice de communication : elle doit répondre, disent-ils, à la mobilisation du peuple français.

Trois figures de LFI y parlent d’une même voix. Manuel Bompard, Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis, et Manon Aubry, patronne des eurodéputés, annoncent qu’ils viendront demander au chef du gouvernement des excuses, des explications et, surtout, des réponses politiques. Ils mettent directement en cause ce qu’ils qualifient de choix irresponsable, celui d’une stratégie de pourrissement.

Le courrier revient longuement sur la journée du 17 octobre, marquée par des violences et un chaos dont Sébastien Lecornu a promis la transparence sur le déroulement. Les Insoumis dénoncent la responsabilité totale du Premier ministre dans la gestion de cette journée. Ils l’accusent d’avoir cherché à se défausser en accusant La France insoumise de violences que le mouvement dit avoir toujours refusées. Cette accusation fait notamment écho aux articles de Mediapart, selon lesquels le gouvernement aurait demandé aux services de renseignement de mettre en cause LFI dans les débordements, ce que l’exécutif dément formellement.

Pour comprendre ce qui se joue à Matignon en début d’après-midi, il faut mesurer ce que les Insoumis entendent y porter au nom de celles et ceux qui manifestent. Le détail du courrier, publié notamment par RTL (https://www.rtl.fr/actu/politique/des-excuses-des-explications-et-des-reponses-la-france-insoumise-interpelle-sebastien-lecornu-avant-la-reunion-avec-les-partis-politiques-a-matignon-7900687965), énumère une série de revendications concrètes : l’abrogation immédiate de Parcoursup, le déblocage des 10 milliards d’euros nécessaires à la mise en œuvre de la plateforme de revendications des syndicats lycéens et étudiants, ou encore des réponses à la crise du pouvoir d’achat par l’augmentation du SMIC, le dégel du point d’indice et le blocage des prix des carburants pour les ramener à 1,70 euro.

Les élus insoumis pensent aussi à ceux dont les commerces ont payé le prix des tensions. Ils réclament l’indemnisation rapide des artisans et petits commerçants dont les boutiques ont subi des vols ou des dégradations. Une demande qui traduit la volonté de ne pas laisser les plus fragiles porter seuls le coût d’une crise qu’ils estiment d’origine politique.

La question des libertés publiques occupe une place centrale dans le courrier. Aucune remise en cause de nos libertés fondamentales, aucun couvre-feu, aucune interdiction de manifester, aucun déploiement de militaires ne permettra de sortir positivement de la crise que nous connaissons, écrivent les trois responsables. Pour eux, la sortie de crise est connue et tient en une phrase : le gouvernement doit répondre aux revendications portées par la mobilisation populaire.

Sur le terrain de la sécurité, les Insoumis demandent la garantie de la liberté de manifester par le retour à une doctrine de désescalade, ainsi que l’interdiction des armes de guerre dans le cadre des manifestations. Des exigences qui visent directement les conditions dans lesquelles les manifestants ont été confrontés aux forces de l’ordre.

Le Premier ministre recevra les partis en présence du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et du ministre de la Justice Gérald Darmanin, ainsi que des responsables des services de renseignement et des forces de l’ordre. Reste à savoir si cette réunion, réclamée avec autant de fermeté par les Insoumis, apportera aux Français les réponses politiques que Manuel Bompard, Mathilde Panot et Manon Aubry disent venir chercher.

Q&A

Que demande Manuel Bompard à Sébastien Lecornu dans son courrier ?

Des excuses, des explications et des réponses politiques, résumés en trois mots dans le courrier envoyé jeudi 22 octobre avant la réunion à Matignon.

Quelles revendications concrètes figurent dans le courrier ?

L'abrogation immédiate de Parcoursup, le déblocage de 10 milliards d'euros pour la plateforme de revendications des syndicats lycéens et étudiants, l'augmentation du SMIC, le dégel du point d'indice et le blocage des prix des carburants à 1,70 euro.

Pourquoi les Insoumis mettent-ils en cause le Premier ministre ?

Ils dénoncent sa responsabilité totale dans la gestion de la journée du 17 octobre et l'accusent de se défausser en accusant La France insoumise de violences que le mouvement dit avoir toujours refusées.

Quelles exigences portent sur la sécurité et les libertés publiques ?

La garantie de la liberté de manifester par le retour à une doctrine de désescalade et l'interdiction des armes de guerre dans le cadre des manifestations.