Vulnerable Madagascar Families Earn Income via Church-Backed Program
Paid work replaces handouts in southeast Madagascar mission model
À Manambondro, dans le sud-est de Madagascar, les familles les plus vulnérables peuvent désormais gagner un revenu grâce à leur propre travail. Le père Janez Mesec, prêtre slovène arrivé sur l’île en 1999, pilote cette initiative depuis une dizaine d’années en collaboration avec Slovenska karitas, l’organisation caritative de l’Église catholique slovène. Le modèle économique est simple : plutôt que de verser une assistance passive, la mission rémunère un travail à la mesure des capacités de chacun, balayage de la cour, transport de pierres ou de sable, coupe de bois.
Les montants restent modestes mais concrets. Certaines femmes gagnent environ un euro pour quelques heures de travail le matin, de quoi acheter du riz et rentrer chez elles avec la satisfaction d’avoir contribué aux besoins de leur famille. “Lorsqu’elles terminent leur travail, elles rentrent chez elles avec joie et fierté”, souligne le missionnaire auprès de l’édition slovène d’Aleteia. Il cite aussi un ami qui balaie chaque jour l’église et la cour de la mission, recevant en échange de quoi acheter de la nourriture. “C’est son travail”, résume le prêtre.
Ce modèle d’activité rémunérée s’inscrit dans un contexte de reconstruction. Après les incendies qui ont frappé Manambondro en 2025, la priorité avait été de nourrir les familles sinistrées. “Nous avons fait venir un camion entier de riz et distribué cinq tonnes en une seule journée”, raconte le père Mesec. Cette aide d’urgence, exceptionnelle par son volume, ne constitue pas pour lui une solution durable. Il cherche désormais des moyens pour que les habitants subviennent eux-mêmes à leurs besoins, face à une pauvreté qui se manifeste dans les familles qui peinent à se nourrir, les deuils douloureux et les habitations détruites par le feu.
“Nos populations sont pauvres, mais elles gardent le sourire”, confie-t-il. Leur capacité à trouver du bonheur dans les petites choses et leur confiance face aux épreuves nourrissent sa réflexion.
Le parcours de ce missionnaire éclaire sa vision. Après dix années de mission à Madagascar, il avait passé deux ans en Slovénie comme curé de paroisse avant de repartir en 2011, convaincu que sa place était auprès des communautés qui manquent de prêtres et de ressources. Ce retour en Slovénie lui a appris que la mission ne devait pas répondre à un simple désir personnel, mais à un appel. “Pour moi, l’essentiel était d’avoir été envoyé”, explique-t-il. Il espère aussi que les communautés locales pourront progressivement prendre davantage de responsabilités, un transfert de capacité qui garantirait la pérennité du dispositif.
Sur le plan spirituel, le père Mesec voit dans les rites funéraires locaux le témoignage d’une conviction profonde : la vie ne dépend pas entièrement de l’être humain. Lorsqu’un habitant meurt, toute la communauté se mobilise, le chagrin s’exprime ouvertement, puis chacun participe à la préparation des funérailles. “Ils sont convaincus que la vie a un sens. Mais ils savent aussi qu’ils ne sont pas maîtres de la vie et que Dieu est le Créateur qui la donne et la reprend”, explique-t-il. En tant que prêtre, il souhaite partager avec eux l’espérance chrétienne de la résurrection et d’une rencontre avec Dieu, où attendent l’amour et le bonheur. “J’aime leur transmettre cette conviction : nos bonnes actions nous ouvrent un chemin vers une éternité heureuse.”
Pour lui, cet engagement social reste indissociable de sa vocation. Plus de vingt-cinq ans après son arrivée à Madagascar, il affirme sans détour : “Ce qui compte le plus, c’est que je suis prêtre et que j’annonce Jésus-Christ.” Reste à savoir si les communautés locales pourront, à terme, financer et faire vivre seules ce modèle de travail rémunéré.
Q&A
Who funds and operates the paid-work program in Manambondro?
Slovenska karitas, the charitable organization of the Slovenian Catholic Church, in collaboration with Father Janez Mesec, a Slovenian priest who has led the initiative for about a decade.
What work do participants perform and how are they paid?
Work suited to each person's capacity, such as sweeping the courtyard, transporting stones or sand, or cutting wood, rather than passive assistance.
How much do some women earn through the program?
About one euro for a few hours of morning work, enough to buy rice for their families.
What emergency aid followed the 2025 fires?
After fires struck Manambondro in 2025, the mission brought in a full truck of rice and distributed five tonnes in a single day, relief the priest sees as temporary rather than durable.